Les dessous du commerce équitable

Pour des échanges commerciaux plus justes, plus humains, plus éthiques. Mais attention aux impostures !! Label = argument marketing ?

Les acteurs du commerce équitable s'inscrivent dans une démarche de développement durable et étaient mal vu par les géants de l'agroalimentaire. Maintenant, les multinationales se rendent compte que le label fait vendre et que les consommateurs s'y intéressent de plus en plus. Elles commencent alors à s'y mettre et comprennent que montrer de bons sentiments vaut mieux qu'une bonne campagne de pubs !

Les grandes surfaces s'intéressent à cette croissance du commerce équitable et demandent à y participer. Monoprix commence même avant cette vague, en 1992 avec les produits Malongo. Carrefour et Auchan s'y mettent ensuite. Les marques Ethiquable et Alter Eco arrivent dix ans après, et les produits du commerce équitables font alors une entrée fulgurante dans les hypermarchés.

La vente en grande distribution est contraire à l'éthique du commerce équitable car la politique est de baisser les prix, encore et encore, ce qui va à l'encontre du prix juste. Mais selon le fondateur d'Alter Eco, cela permet de « sortir ce commerce de sa marginalité, d'aller vers de gros volumes et donc de développer des relations avec les producteurs en direct », ce qui représente pour lui, l'essence du commerce équitable…

Alter Eco possédait des boutiques mais elles ont dû fermées… La grande distribution lui a permis de multiplier ses références et son chiffre d'affaires par 20 en 4 ans ! C'était donc une bonne solution pour elle…

Pourtant rien ne va plus ! Aujourd'hui les grandes surfaces créent leur propre gamme de produits équitables et les prix défient toute concurrence. Max Havelaar s'en réjouit d'ailleurs…

Cependant, le commerce équitable devrait respecter ses principes de bases tout au long de la chaîne, et ce n'est pas le cas ! En fait, Max Havelaar ne certifie que la matière première et ferme les yeux sur le reste de la chaîne. Personne ne parle des conditions sociales lamentables des transporteurs par exemple. Près d'un millier de marins disparaissent chaque année en mer ! Et Max Havelaar conclut des accords plutôt étranges avec McDonalds, Nestlé, Accor, ou encore les géants de la grande distribution. Il paraîtrait même qu'il ait signé un accord avec un grand promoteur d'OGM. Dans la cosmétique, Thémis a le même style de pratiques.