LA VIANDE

Voici un article très intéressant trouvé sur le site : http://www.developpementdurable.be/praktijk/32/articles/293


La viande, ce 4x4 de l’industrie alimentaire !


Une étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) révèle que l’élevage intensif est responsable, à l’échelle mondiale, de l’émission de 7,1 milliards de tonnes de CO2 par an, soit 18% des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde, dépassant même légèrement les émissions produites par le secteur du transport ! De plus, un tiers des terres cultivables dans le monde est utilisé pour la production de fourrages. Ajoutez-y les pâturages, et vous arriverez à la conclusion que trois-quarts des terres agricoles sont affectés à l’élevage. Ce dernier accapare à lui seul un dixième de la consommation d’eau mondiale, alors que 800 millions d’êtres humains souffrent de carences alimentaires et que des forêts entières sont déboisées pour faire place à des pâturages ou à la culture de fourrages. On en deviendrait végétarien pour moins que cela.


Rachendra Pachauri n’a pas attendu d’avoir ces données scientifiques entre les mains pour tirer ses conclusions. Voilà déjà dix ans qu’il est devenu végétarien, ce qui lui a permis d’émettre 12 tonnes de CO2 de moins que la moyenne. Lors de sa conférence à Gand, il a toutefois souligné qu’il n’était pas nécessaire que tout le monde suive la même voie. Ne pas manger de viande un jour par semaine serait déjà bien. Selon les chiffres de l’association EVA (alternative végétarienne éthique), les Flamands pourraient déjà remplir pour moitié les objectifs de Kyoto pour la Flandre en suivant ce principe. Le scientifique indien appelle aussi à un changement de notre comportement et au développement de l’agriculture biologique.


Une production alimentaire durable peut-elle également être organisée de manière industrielle, sur la base du scénario de la pyramide suggéré par le Bureau fédéral du Plan ? Info-durable a posé la question au président du GIEC. Sa réponse a été la suivante : « La production et la consommation de viande devront dans tous les cas être fortement réduites. En partant de la situation actuelle, nous pouvons constater que l’industrie des viandes utilise des céréales également destinées à la consommation humaine. Ce n’est pas durable. L’élevage intensif est un moyen inefficace pour produire de la nourriture destinée à l’être humain. La culture de céréales pour le fourrage n’est pas éthique si elle entraîne des carences alimentaires pour l’être humain. » Le Dr Pachauri balaie d’un revers de la main l’argument selon lequel une production alimentaire durable nécessiterait moins de terres et moins d’eau : « Même si la production de viande peut encore être concentrée à certains endroits, elle demandera toujours une consommation intensive d’eau, de terres et de céréales destinées à la consommation humaine. Cela ne ferait que déplacer le problème. »

 

Conclusion de Rachendra Pachauri : « Nous vivons dans un monde inéquitable. Si nous voulons un monde durable, les pays développés devront réduire leur consommation de matières premières et les pays tels que l’Inde et la Chine devront rechercher un modèle de développement durable. Ce sera loin d’être facile, mais il n’y a pas d’alternative ». Les pouvoirs publics ont un rôle à jouer à cet égard, à commencer par exemple par la suppression des subsides destinés à promouvoir la viande de porc. Cette mesure fait partie des recommandations de l’EVA, l’organisation qui a invité le prix Nobel à Gand. Pour en revenir aux 4x4, voici une dernière phrase tirée de la campagne « Jeudi végétarien » : un végétarien en 4x4 est tout aussi respectueux de l’environnement qu’un omnivore en Toyota Prius.


Source : Antoine Pennewaert

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EVA vzw